« A toi, pour
toujours, ta Marie-Lou » est une véritable
tragédie. Elle a été créée
en 1971, à Montréal.
Quatre personnages
: les parents, Marie-Louise et Léopold, leurs deux
filles, Carmen et Manon.
Deux dialogues qui
se croisent sans jamais se rencontrer.
Le temps (dix ans d’intervalle) et les lieux (le salon,
la taverne et la cuisine) sont différents, scéniquement
séparés.
Les premiers mots
« Demain … » puis « Ça fait
déjà dix ans... » renvoient à
la fois à un futur qui ne se réalisera pas
et à un passé dont la clef nous est donnée
par la dernière réplique de la pièce.
Le drame se noue
autour de l’impossibilité de communiquer au
sein de cette famille, de son poids écrasant, de
la religion, de la sexualité, des interdits...
Mais dans ce drame,
les personnages sont multiformes : qui est ce père
de famille à l’apparence insensible, qui est
cette mère soi-disant maltraitée par son écœurant
de mari, qui est Carmen, la damnée, celle qui tente
de « sauver sa sœur » du paradis éternel,
et qui est Manon, celle qui résume en elle-même
tous les conflits ?
Une œuvre rude
sur l’aliénation mais qui ne nous laisse pas
sans espoir…