« Jamais on aurait pensé, lit-on dans 01 Informatique Hebdo, qu'un algorithme vécu par des acteurs puisse susciter à ce point le rire ou l'angoisse. »
Version théâtralisée par l’auteur de «l’Art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation» (1968), «L’Augmentation» (créée en 1970, au théâtre de la Gaité-Montparnasse), peut être considérée comme «tentative d’épuisement d’un organigramme parodique». A l’origine, un ami, Jacques Perriaud, lui communique un organigramme intitulé «l’art et la manière d’aborder son chef de service». Georges Perec va développer le schéma d’une page et en explorer successivement toutes les éventualités, utilisant une combinatoire misant sur l’exhaustivité.
En réduisant le titre au seul substantif, l’augmentation, Perec donne à celui-ci une nouvelle signification: à la fois, «tour de Hanoï(il faut un coup pour le premier mouvement, deux pour le second, quatre pour le troisième, etc.), contrainte à laquelle répond le texte, figure de rhétorique (empilage de séries d'arguments utilisé pour emporter la conviction), et image du quotidien (pourquoi aller voir son chef de service sinon pour lui demander une augmentation?). Il anticipe ainsi le principe de Roubaud: «un texte écrit suivant une contrainte parle de cette contrainte».
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